Introduction
Réponse directe. En 2026, la réforme s'applique après la déclaration des revenus 2025. Pour l'assurance maladie, le barème des revenus conventionnés progresse de 0 % à 8,50 % entre 20 % et 300 % du PASS, avec une participation CPAM qui progresse jusqu'à 8,40 %. Pour les revenus non conventionnés, le barème va de 3,25 % à 11,75 % sur cette même plage, puis s'établit à 9,75 % au-delà de 300 % du PASS. La part conventionnée de votre activité doit donc être identifiée correctement avant toute estimation.
Pour un chirurgien-dentiste libéral, les cotisations URSSAF sont souvent éclipsées par la CARCDSF — à juste titre, puisque la caisse de retraite des dentistes peut dépasser 15 000 € par an. Pourtant, c'est l'URSSAF qui structure l'ensemble du système : c'est elle qui collecte la maladie, les allocations familiales, la CSG-CRDS, et c'est elle qui applique la réforme majeure de l'assiette sociale entrée en vigueur en avril 2026.
La spécificité du dentiste tient à un point que peu d'autres professions PAMC connaissent à ce degré : le mix entre actes conventionnés et hors nomenclature change radicalement le calcul. Sur les actes conventionnés (soins conservateurs, prothèses remboursées), la CPAM prend en charge la quasi-totalité de votre cotisation maladie. Sur les actes hors nomenclature (implantologie, parodontologie avancée, esthétique dentaire), vous supportez l'intégralité du taux — plus une contribution additionnelle de 3,25 %. L'écart peut représenter plusieurs milliers d'euros par an selon votre pratique.
Ce guide détaille l'ensemble de vos cotisations URSSAF en 2026 : taux, assiettes, prise en charge CPAM, impact du hors nomenclature, et mécanisme de régularisation — avec un cas pratique adapté à un cabinet dentaire type.
Problématique : un CA élevé, des investissements lourds, et une régularisation amplifiée
Le chirurgien-dentiste libéral a un profil financier atypique parmi les professions de santé. Personnel, matériel, prothèses, loyer et amortissements peuvent faire varier fortement le résultat d'un cabinet à l'autre. Le chiffre d'affaires seul ne permet donc jamais de déduire un taux de charges fiable.
Le problème central : vos cotisations provisionnelles reposent d'abord sur le dernier revenu connu, puis sont recalculées après votre déclaration annuelle. Or le cabinet dentaire est sujet à des variations structurelles : une année d'investissement réduit le résultat, tandis qu'une année sans achat comparable peut le faire remonter. Ce décalage entre l'échéancier et la situation courante est l'un des pièges majeurs de la trésorerie en cabinet dentaire.
Et avec la réforme 2026 de l'assiette sociale, les règles de calcul changent — rendant d'autant plus important de comprendre précisément ce que vous devez à l'URSSAF.
Ce qui change en 2026 : la réforme de l'assiette sociale
Une assiette unique pour toutes vos cotisations
La réforme portée par le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 unifie le calcul de toutes les cotisations sociales. Depuis la déclaration 2026 des revenus 2025, les cotisations et la CSG-CRDS utilisent une assiette constituée à partir du revenu brut social, puis diminuée d'un abattement forfaitaire de 26 %.
Cet abattement est plafonné à 1,3 PASS, soit 62 478 € en 2026. Au-delà d'un bénéfice d'environ 240 300 €, l'abattement maximum est atteint.
Cette assiette ne se reconstitue pas correctement en multipliant simplement le BNC par 74 %. Elle part des rubriques sociales de la déclaration et tient compte des cotisations selon les nouvelles règles. Utilisez l'assiette transmise par l'Urssaf ou une simulation alimentée par les mêmes données.
L'impact pour les dentistes
Pour les revenus moyens à élevés (typiques en cabinet dentaire), le changement principal est un rééquilibrage : moins de CSG-CRDS non déductible, plus de cotisations contributives (retraite). Le total payé ne change pas drastiquement, mais la composition évolue en votre faveur pour les droits retraite.
Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €.
Le détail de vos cotisations URSSAF en 2026
En tant que chirurgien-dentiste conventionné, vous relevez du régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC). La particularité : votre cotisation maladie est traitée différemment selon qu'elle porte sur des revenus conventionnés ou hors nomenclature.
Cotisation maladie : la grande distinction conventionné / hors nomenclature
Sur vos revenus conventionnés (actes remboursés)
Le barème progressif légal est le suivant :
| Assiette sociale | Taux maladie | Participation CPAM |
|---|---|---|
| Moins de 9 612 € (20 % du PASS 2026) | 0 % | 0 % |
| De 9 612 € à 144 180 € (20 % à 300 % du PASS 2026) | progressif de 0 % à 8,50 % | progressive de 0 % à 8,40 % |
| Plus de 144 180 € | selon le barème Urssaf | selon le barème Urssaf |
Pour les dentistes conventionnés, la participation CPAM réduit fortement la cotisation sur la part conventionnée. Le montant résiduel dépend du revenu et de la grille de participation : ne l'appliquez pas à la part hors nomenclature.
Ces taux sont issus du barème URSSAF 2026. Pour estimer votre provision selon votre mix d'actes, activez votre essai gratuit 7 jours.
Sur vos revenus hors nomenclature (implantologie, esthétique, parodontologie)
C'est ici que l'addition s'alourdit. Sur la part non conventionnée, aucune participation CPAM ne s'applique. Le nouveau barème Urssaf va de 3,25 % à 11,75 % entre 20 % et 300 % du PASS de référence, puis retient 9,75 % au-delà. Le calcul dépend simultanément de votre assiette totale et de la répartition des revenus : appliquer 11,75 % à toute la part hors nomenclature donnerait une estimation erronée (Docaly calcule ce différentiel sur votre mix réel).
C'est ce différentiel qui rend la structure de votre activité (ratio conventionné / hors nomenclature) aussi déterminante pour votre trésorerie. Un dentiste qui fait 70 % de hors nomenclature (implantologie) paiera plusieurs milliers d'euros de plus en cotisation maladie qu'un confrère omnipraticien faisant 80 % de soins conventionnés.
Cotisation d'allocations familiales
Cette cotisation est identique pour tous les PAMC, quel que soit le mix d'actes :
| Tranche de revenus | Seuils 2026 | Taux |
|---|---|---|
| < 110 % du PASS | < 52 866 € | 0 % |
| 110 % à 140 % du PASS | 52 866 € à 67 284 € | progressif 0 % → 3,10 % |
| > 140 % du PASS | > 67 284 € | 3,10 % |
Seuils 2026 identiques pour tous les PAMC. Pour estimer votre provision selon votre situation, activez votre essai gratuit 7 jours.
Lorsque l'assiette dépasse 67 284 €, le taux plein de 3,10 % s'applique. Vérifiez l'assiette sociale déclarée : elle ne se déduit pas mécaniquement du chiffre d'affaires ou du bénéfice comptable.
CSG-CRDS
Calculée sur l'assiette unique, sans distinction conventionné / hors nomenclature :
| Composante | Taux | Déductible fiscalement ? |
|---|---|---|
| CSG déductible | 6,80 % | Oui |
| CSG non déductible | 2,40 % | Non |
| CRDS | 0,50 % | Non |
| Total | 9,70 % | Partiellement |
La CSG-CRDS est votre premier poste URSSAF. Pour voir son impact mensuel sur votre trésorerie, activez votre essai gratuit 7 jours.
La CSG-CRDS représente 9,70 % de l'assiette sociale. La part fiscalement déductible est de 6,80 %. Le montant individuel dépend donc de l'assiette transmise, et non d'un pourcentage appliqué au chiffre d'affaires.
Indemnités journalières
Taux de 0,30 % sur l'assiette, avec un plancher de 40 % du PASS (19 224 €) et un plafond de 3 PASS (144 180 €).
CFP et CURPS
- CFP : 0,25 % du PASS = 120 € par an (finance votre droit au DPC).
- CURPS : 0,30 % de l'assiette, plafonné à 240 €. Pour les dentistes, le taux CURPS est de 0,30 % (contre 0,10 % pour les auxiliaires médicaux).
Docaly calcule vos cotisations URSSAF sur votre mix réel
Actes conventionnés, hors nomenclature, prise en charge CPAM, régularisation anticipée — tout est calculé sur votre CA réel mois par mois, avec les barèmes 2026.
Activer mon essai gratuit 7 jours →Cas pratique : Thomas, dentiste omnipraticien à Lyon
Prenons un cabinet avec 180 000 € de recettes, 79 200 € de charges d'exploitation et 40 % de revenus hors
nomenclature. Trois informations distinctes sont indispensables : le revenu brut social issu de la déclaration, la
part conventionnée retenue par l'Assurance Maladie et les appels déjà payés. Le simple calcul
(recettes - charges) × 74 % ne suffit pas à produire l'assiette 2026.
La simulation utile compare donc :
- les cotisations calculées avec l'assiette sociale et la répartition conventionnée réelles ;
- les cotisations provisionnelles déjà appelées ;
- l'écart restant à provisionner jusqu'au nouvel échéancier.
Cette méthode donne un résultat actionnable sans transformer un exemple générique en promesse de montant exact. Pour reprendre ce raisonnement avec vos données, utilisez le calculateur pour chirurgien-dentiste.
La régularisation : le yo-yo des années d'investissement
Le mécanisme pour les dentistes
Le principe est le même que pour toutes les professions PAMC : les appels reposent sur le dernier revenu connu, puis l'Urssaf les ajuste après la déclaration annuelle. Chez le dentiste, l'écart peut être marqué à cause des cycles d'investissement.
Une année d'investissement peut diminuer le résultat qui servira ensuite de référence. Si l'activité remonte l'année suivante, les appels provisoires peuvent rester temporairement inférieurs au montant finalement dû. L'écart doit être calculé avec l'assiette sociale et les appels du cabinet ; un exemple générique ne permet pas de prédire le rattrapage.
Comment anticiper
Trois stratégies :
-
Provisionner chaque mois l'écart entre les cotisations estimées à partir de vos données courantes et les appels déjà payés. Ne transposez pas directement le pourcentage de hausse du bénéfice aux cotisations : les barèmes sont progressifs et plusieurs assiettes peuvent intervenir.
-
Moduler vos cotisations provisionnelles lorsque votre estimation annuelle change. L'URSSAF propose cette démarche depuis l'espace en ligne ; Docaly permet de préparer une estimation, à confronter au nouvel échéancier officiel.
-
Lisser vos investissements sur plusieurs années plutôt que de concentrer un gros investissement en une seule fois. L'impact comptable est le même (mêmes amortissements au total), mais l'effet sur le bénéfice annuel est atténué.
Pour en savoir plus sur les stratégies d'anticipation, consultez notre guide détaillé : Régularisation URSSAF : comment anticiper les mauvaises surprises.
URSSAF et CARCDSF : ne pas confondre les deux postes
Un dernier point de clarification fréquemment demandé par les dentistes installés : l'URSSAF et la CARCDSF sont deux organismes distincts qui collectent des cotisations séparées.
- URSSAF : maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, CFP, CURPS. Prélèvement mensuel ou trimestriel.
- CARCDSF : retraite de base, retraite complémentaire, prévoyance invalidité-décès, ASV. Appels semestriels ou annuels.
Les deux organismes utilisent les revenus déclarés, mais avec des barèmes, des prises en charge et des échéances différents. Additionnez les montants estimés de chaque organisme, puis retranchez les appels déjà payés : c'est cet écart consolidé qu'il faut suivre mensuellement. Un bénéfice donné ne suffit pas à annoncer un total fiable sans connaître notamment l'assiette sociale, le mix conventionné et les appels CARCDSF.
Replacez aussi ces montants dans le calendrier CARCDSF 2026.
Sources officielles :
- URSSAF — Cotisations des praticiens et auxiliaires médicaux
- URSSAF — Réforme de l'assiette sociale
- CARCDSF — Cotisations des chirurgiens-dentistes
Vérification effectuée le 1er septembre 2026.
Vos cotisations URSSAF dentiste, anticipées mois par mois
Vous estimez chaque mois vos cotisations selon la part conventionnée et hors nomenclature, puis comparez cette dette aux appels déjà payés.
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