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Salaire net d'un médecin libéral : ce qu'il reste vraiment après URSSAF et CARMF

Entre un BNC affiché et le revenu réellement disponible chaque mois, l'écart pour un médecin libéral peut dépasser 50 %. Décryptage complet des cotisations URSSAF, CARMF et de l'impôt qui séparent vos honoraires de votre vrai net.

13 avril 2026·12 min de lecture

Le « salaire » d'un médecin libéral : une expression qui prête à confusion

Quand un confrère salarié à l'hôpital vous demande « combien tu gagnes en libéral ? », la question paraît simple. Elle ne l'est pas. Un médecin libéral ne perçoit pas un salaire — il génère des honoraires, paie ses charges de cabinet, règle ses cotisations sociales obligatoires (URSSAF + CARMF), provisionne sa régularisation, et ce qui reste à la fin constitue son revenu disponible. Avant impôt sur le revenu.

Les chiffres qui circulent — 8 000 €, 10 000 €, 15 000 € par mois — additionnent souvent allègrement BNC, dividendes de SEL et activités salariées. Pour un médecin qui démarre ou qui exerce en cabinet individuel, la réalité financière mensuelle est rarement celle-là.

Cet article décompose, ligne par ligne et avec les chiffres officiels 2026, ce qui sépare un BNC affiché de votre vrai net disponible. L'objectif : que vous puissiez répondre précisément à la question « combien me reste-t-il vraiment chaque mois ? » — et anticiper les ponctions plutôt que de les subir.

Combien gagne réellement un médecin libéral en France ?

Première difficulté : il n'existe pas une réponse unique, mais deux sources officielles qui ne donnent pas les mêmes chiffres.

La DREES (Direction de la recherche du ministère de la Santé), dans son étude publiée fin 2024 sur les revenus 2021, indique un revenu d'activité moyen de 124 000 € par an pour l'ensemble des médecins libéraux ou en exercice mixte. Cette moyenne masque des écarts considérables : 98 300 € pour les généralistes, 153 300 € pour les spécialistes, et jusqu'à plus de 400 000 € pour certaines spécialités techniques (radiothérapie, médecine nucléaire). Cet indicateur DREES intègre les revenus libéraux, les éventuels salaires d'exercice mixte et une fraction des dividendes de SEL.

La CARMF, qui calcule les cotisations sur la base des bénéfices non commerciaux purs déclarés, donne des chiffres sensiblement plus bas : environ 80 000 € de BNC moyen pour les généralistes et 114 000 € pour les spécialistes. C'est cette base — le BNC — qui sert effectivement de point de départ au calcul de vos cotisations.

L'écart entre les deux sources tient à plusieurs facteurs : la DREES inclut les dividendes et salaires, la CARMF non. La DREES couvre secteur 1 et secteur 2 ensemble, alors que les statistiques BNC CARMF sont historiquement plus représentatives du secteur 1. Le secteur 2 affiche un revenu moyen environ 30 % supérieur au secteur 1 selon la DREES.

Pour cet article, nous raisonnerons sur la base la plus pertinente pour votre trésorerie : le BNC, c'est-à-dire vos honoraires moins vos charges de cabinet. C'est lui qui détermine le montant de vos cotisations et, in fine, ce qui vous reste.

Du BNC au revenu disponible : le parcours en quatre étapes

Entre votre BNC déclaré et l'argent que vous pouvez réellement virer sur votre compte personnel, il y a quatre étages de prélèvements. Aucun n'est optionnel.

Étape 1 — Les cotisations URSSAF du médecin conventionné

En tant que médecin conventionné secteur 1 ou secteur 2, vous êtes affilié au régime PAMC (Praticien et Auxiliaire Médical Conventionné). Vos cotisations URSSAF couvrent :

  • L'assurance maladie : taux de base 6,50 % du revenu, mais l'Assurance Maladie en prend 6,40 % à sa charge sur les revenus conventionnés (pour les conventionnés secteur 1). Il ne reste donc que 0,10 % à votre charge sur l'activité conventionnée. En secteur 2, la prise en charge est partielle et calculée différemment selon le revenu.
  • La CSG-CRDS : 9,70 % de votre BNC majoré des cotisations sociales obligatoires. C'est, pour la plupart des médecins conventionnés, le poste URSSAF le plus lourd.
  • Les allocations familiales : taux progressif de 0 % (sous 110 % du PASS) à 3,10 % (au-delà de 140 % du PASS).
  • La contribution à la formation professionnelle : environ 120 € forfaitaires.
  • La CURPS : 0,10 à 0,20 % selon la spécialité.
  • Les indemnités journalières : 0,30 % du BNC.

À noter : la réforme de l'assiette sociale entrée en vigueur en 2025-2026 a unifié l'assiette de calcul. Désormais, l'assiette de la CSG-CRDS bénéficie d'un abattement de 26 % (plafonné à 1,3 PASS) qui rapproche le calcul de la base réelle de cotisations. L'effet net : les médecins secteur 1 sont en grande majorité gagnants, les secteur 2 légèrement perdants.

Étape 2 — Les cotisations CARMF (la grosse ligne)

C'est le poste qui distingue le médecin libéral des autres professions de santé : la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) cumule quatre régimes obligatoires dont les cotisations s'additionnent.

Voici les taux officiels CARMF pour 2026 :

Régime CARMFAssietteTaux ou montant 2026
Base (tranche 1)BNC ≤ 48 060 € (1 PASS)8,73 %
Base (tranche 2)BNC entre 48 060 € et 240 300 € (5 PASS)1,87 %
Complémentaire vieillesse (RCV)BNC ≤ 168 210 € (3,5 PASS)11,80 %
ASV forfaitaire (secteur 1)Forfait1 917 € (dont 2/3 pris en charge par la CNAM = ~639 € à votre charge)
ASV forfaitaire (secteur 2)Forfait5 751 € (intégralement à votre charge)
ASV ajustement (secteur 1)Revenu conventionnel ≤ 240 300 €1,3333 % (dont 2/3 CNAM)
ASV ajustement (secteur 2)Revenu conventionnel ≤ 240 300 €4,00 % (totalité)
Invalidité-décèsForfait selon tranche de revenu626 € à 1 010 €

Ces taux sont les taux officiels publiés par la CARMF pour 2026. Pour calculer ce qu'ils représentent exactement sur votre BNC réel mois par mois, essayez Docaly gratuitement 7 jours.

Nouveauté 2026 : le taux du régime complémentaire vieillesse est passé de 10,20 % à 11,80 %, soit une hausse de près de 16 %. Pour un médecin avec un BNC de 90 000 €, cela représente environ 1 440 € de cotisations supplémentaires sur la seule année 2026 par rapport à 2025.

Étape 3 — La régularisation, le piège silencieux

Vos cotisations URSSAF et CARMF sont d'abord appelées à titre provisionnel, sur la base de vos revenus de N-1 (et historiquement N-2 pour la CARMF complémentaire et l'ASV). Lorsque votre revenu réel est connu, l'organisme calcule la cotisation définitive et émet une régularisation — positive si vous avez versé trop, négative si vous devez compléter.

Pour un médecin dont l'activité progresse, c'est un piège classique. Si votre BNC passe de 70 000 € à 95 000 € entre deux exercices, la régularisation peut représenter 5 000 à 10 000 € appelés en une fois, en plus des cotisations provisionnelles courantes. Sans provision dédiée, ce sont deux mois de revenus qui s'évaporent — c'est précisément pour ça qu'un suivi mensuel basé sur le CA réel (Docaly le fait automatiquement) est devenu indispensable dès que l'activité bouge.

Étape 4 — L'impôt sur le revenu

Une fois URSSAF et CARMF payées, ce qui reste de votre BNC constitue votre revenu imposable (avec quelques retraitements : CSG déductible, cotisations Madelin éventuelles). À ce stade s'applique le barème progressif de l'impôt sur le revenu — qui pour un médecin avec un BNC de 90 000 € en cabinet individuel se traduit généralement par une tranche marginale à 30 % et un impôt effectif de 12 000 à 16 000 € selon la situation familiale.

Cas concret : le Dr Hélène Marchand, généraliste secteur 1

Prenons un cas réaliste pour rendre tout cela tangible. Hélène Marchand, 41 ans, médecin généraliste installée depuis 8 ans en cabinet individuel dans une ville moyenne, secteur 1, célibataire sans enfant.

Activité 2025 :

  • Honoraires bruts encaissés : 130 000 €
  • Charges professionnelles déductibles (loyer, secrétariat, matériel, assurances, formation, véhicule, URSSAF de ses cotisations Madelin, etc.) : 35 000 €
  • BNC = 95 000 €

C'est ce BNC de 95 000 € qui sert d'assiette aux calculs qui suivent.

Cotisations URSSAF estimées : ~10 200 €

Sur un BNC de 95 000 € en secteur 1 conventionné :

  • Maladie : quasi nulle (~95 €), grâce à la prise en charge de 6,40 % par la CPAM sur l'activité conventionnée
  • CSG-CRDS : ~8 800 € (9,70 % sur l'assiette élargie après abattement de 26 % sur la part au-delà du seuil)
  • Allocations familiales : ~900 € (taux progressif appliqué sur la fraction de revenu dépassant 110 % du PASS)
  • CFP + CURPS + IJ : ~400 €

Cotisations CARMF estimées : ~14 800 €

Sur le même BNC de 95 000 € en secteur 1 :

  • Régime de base (tranche 1) : 48 060 × 8,73 % = 4 196 €
  • Régime de base (tranche 2) : (95 000 − 48 060) × 1,87 % = 878 €
  • Régime complémentaire : 95 000 × 11,80 % = 11 210 €
  • ASV forfaitaire net (après prise en charge CNAM) : ~639 €
  • ASV ajustement net (après prise en charge CNAM) : ~422 €
  • Invalidité-décès : ~626 €
  • Sous-total brut : ~17 971 €
  • − Participation CNAM régime de base secteur 1 : ~−1 359 € (compensation CSG)
  • CARMF net à la charge d'Hélène : ≈ 14 800 €

Bilan avant impôt

PosteMontant annuel
Honoraires bruts130 000 €
− Charges professionnelles− 35 000 €
= BNC95 000 €
− Cotisations URSSAF− 10 200 €
− Cotisations CARMF (net CNAM)− 14 800 €
= Revenu net avant impôt≈ 70 000 €
= Soit par mois≈ 5 830 €

Cette simulation est basée sur les taux officiels 2026 pour un généraliste secteur 1 conventionné. Pour voir vos chiffres exacts avec votre BNC réel et votre situation propre, essayez Docaly gratuitement 7 jours.

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Et après impôt sur le revenu ?

Hélène est célibataire, 1 part fiscale. Son revenu imposable, après réintégration de la CSG non déductible et déduction de ses éventuelles cotisations Madelin (~3 000 €), s'établit autour de 66 000 €.

Avec le barème 2026 de l'IR, son impôt sur le revenu s'élève à environ 12 500 € (tranche marginale 30 %).

Son revenu net après impôt tombe donc à environ 57 500 € par an, soit ≈ 4 790 € par mois.

Pour 130 000 € d'honoraires, Hélène conserve donc environ 44 % de ses recettes. L'autre 56 % a financé ses charges de cabinet, ses cotisations sociales et son impôt. Et cette simulation ne tient pas compte d'une éventuelle cotisation prévoyance complémentaire, d'un PER médecin Madelin renforcé, ou du remboursement d'un emprunt d'installation.

La régularisation : pourquoi votre net mensuel n'est pas linéaire

Le piège de la trésorerie médicale tient en un mot : décalage. Vos cotisations provisionnelles 2026 sont calculées sur vos revenus 2024 (pour la CARMF complémentaire et l'ASV) ou 2025 (pour la CARMF base et l'URSSAF). Si votre activité a progressé, vous payez en 2026 sur la base d'une activité plus faible — et la régularisation arrivera en 2027 ou 2028.

Reprenons Hélène. Si son BNC est passé de 75 000 € en 2024 à 95 000 € en 2025, ses cotisations 2026 ont d'abord été calculées sur la base 2024. Lors de la régularisation, elle devra compléter :

  • Différence CARMF : (95 000 − 75 000) × ~22 % cumulés ≈ 4 400 €
  • Différence URSSAF (CSG-CRDS principalement) : (95 000 − 75 000) × ~10 % ≈ 2 000 €
  • Total régularisation : ≈ 6 400 €, appelés en plus des provisionnelles courantes

Sans provision dédiée constituée mois par mois, ces 6 400 € correspondent à plus d'un mois de revenu net à compenser brutalement. Et avec la hausse du taux complémentaire CARMF en 2026 (10,20 % → 11,80 %), l'effet régularisation s'amplifiera mécaniquement pour les médecins qui ont vu leur activité croître.

Que se passe-t-il si vous n'anticipez pas ?

La majorité des médecins libéraux délèguent leur comptabilité à un cabinet ou à une AGA, et découvrent leur situation financière une fois par an, lors du bilan — souvent 3 à 6 mois après la clôture. Sur les onze autres mois, le pilotage se fait à vue. Trois conséquences concrètes en découlent.

Premièrement, les majorations URSSAF. Toute cotisation impayée à l'échéance déclenche une majoration initiale de 5 %, à laquelle s'ajoute 0,2 % par mois de retard supplémentaire. Pour un médecin qui découvre une régularisation de 8 000 € qu'il ne peut pas régler à temps, six mois de retard représentent ~80 € de pénalités — modeste sur un dossier, mais cumulatif sur plusieurs échéances.

Deuxièmement, le choc de trésorerie. Sans provision constituée, une régularisation à 5 chiffres se traduit par un mois (ou deux) où le compte personnel ne reçoit rien, ou pire, par un découvert qu'il faut éponger via un crédit court terme. Pour un médecin qui finance un emprunt d'installation, un crédit voiture et un loyer personnel, l'effet domino peut durer un trimestre.

Troisièmement, le mauvais arbitrage fiscal. Beaucoup de généralistes restent en BNC réel par défaut sans jamais simuler l'impact d'une SEL, d'une cotisation Madelin renforcée ou d'un changement de mode d'exercice. Sans visibilité mensuelle sur le revenu net réel, ces décisions sont reportées indéfiniment — et chaque année où elles ne sont pas prises coûte plusieurs milliers d'euros nets non récupérés.

Le bilan annuel de votre comptable est indispensable pour la déclaration fiscale. Mais il arrive trop tard pour piloter au quotidien. La question pertinente est donc : comment savoir, chaque mois, combien vous pouvez vous verser sans risquer de manquer pour la prochaine échéance ?

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Dans cet article

  • Le « salaire » d'un médecin libéral : une expression qui prête à confusion
  • Combien gagne réellement un médecin libéral en France ?
  • Du BNC au revenu disponible : le parcours en quatre étapes
  • Étape 1 — Les cotisations URSSAF du médecin conventionné
  • Étape 2 — Les cotisations CARMF (la grosse ligne)
  • Étape 3 — La régularisation, le piège silencieux
  • Étape 4 — L'impôt sur le revenu
  • Cas concret : le Dr Hélène Marchand, généraliste secteur 1
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