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Combien peut se verser un(e) kinésithérapeute libéral(e) chaque mois ?

Entre votre chiffre d'affaires et ce que vous pouvez réellement vous verser, l'écart est souvent brutal. Voici comment calculer votre revenu disponible de kiné libéral chaque mois, en intégrant URSSAF, CARPIMKO, charges de cabinet et régularisations.

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Par l'équipe Docaly·21 avril 2026·Mis à jour le 24 avril 2026·13 min de lecture

Sommaire

  • Vous encaissez 7 500 € ce mois-ci. Combien pouvez-vous réellement garder ?
  • Pourquoi votre chiffre d'affaires ne vous appartient pas (entièrement)
  • Les cotisations URSSAF d'un kiné libéral en 2026
  • Les cotisations CARPIMKO : le poste qui change en 2026
  • Les charges professionnelles de cabinet
  • La provision pour impôt sur le revenu
  • Exemple chiffré : combien Marc peut-il se verser chaque mois ?
  • Le piège de la régularisation : la charge invisible
  • Micro-BNC ou BNC réel : quel impact sur votre net de kiné ?
  • Que se passe-t-il si vous n'anticipez pas ?

Vous encaissez 7 500 € ce mois-ci. Combien pouvez-vous réellement garder ?

C'est la question que se posent la plupart des kinésithérapeutes libéraux, souvent sans trouver de réponse fiable. Le chiffre d'affaires affiché sur votre relevé CPAM ou vos encaissements en cabinet ne correspond jamais à ce que vous pouvez transférer sur votre compte personnel. Entre les cotisations URSSAF, les appels CARPIMKO, le loyer du cabinet, le matériel de rééducation et la provision pour impôt, l'écart entre le brut et le net est considérable.

En 2026, environ 82 000 kinésithérapeutes exercent en libéral en France. Selon les données UNASA 2025, le bénéfice net moyen d'un kiné titulaire installé se situe autour de 3 390 € par mois avant impôt sur le revenu. Mais cette moyenne cache des disparités profondes : de 2 150 € pour un remplaçant en début de carrière à plus de 5 500 € pour le quart supérieur des titulaires. Et surtout, ce chiffre ne dit rien de la méthode pour y arriver sans mauvaise surprise en cours d'année.

Cet article vous donne une méthode concrète pour calculer combien vous pouvez vous verser chaque mois en tant que kiné libéral, en intégrant toutes les charges — y compris celles que beaucoup de praticiens oublient de provisionner.

Pourquoi votre chiffre d'affaires ne vous appartient pas (entièrement)

En tant que kinésithérapeute libéral, votre rémunération n'est pas un salaire. C'est un bénéfice professionnel — ce qui reste de votre chiffre d'affaires une fois toutes les charges déduites. Et ces charges représentent en moyenne 52 à 55 % de votre CA selon les données UNASA.

Le piège le plus courant consiste à se verser une somme calculée « au feeling » après un bon mois en cabinet, sans avoir provisionné correctement pour les échéances à venir. Résultat : quand l'appel de cotisation URSSAF ou CARPIMKO arrive — ou pire, quand la régularisation tombe — le compte professionnel est à sec. Ce scénario est particulièrement fréquent chez les kinés dont les charges de structure sont élevées (loyer de cabinet, matériel, SCM).

Pour calculer ce que vous pouvez réellement vous verser, il faut soustraire de votre chiffre d'affaires mensuel cinq grandes catégories : les cotisations URSSAF, les cotisations CARPIMKO, les charges professionnelles de cabinet, la provision pour impôt sur le revenu, et la provision pour régularisation. Voyons chacune en détail.

Les cotisations URSSAF d'un kiné libéral en 2026

Les cotisations URSSAF représentent le premier bloc de prélèvements obligatoires. Pour un kinésithérapeute libéral conventionné, elles se situent généralement entre 20 et 23 % du bénéfice. C'est moins que pour un professionnel non conventionné, car la CPAM prend en charge l'essentiel de la cotisation maladie sur vos revenus d'activité conventionnée. Pour le détail complet des taux et barèmes, consultez notre guide des cotisations URSSAF du kiné libéral en 2026.

En 2026, la réforme de l'assiette sociale modifie le calcul des cotisations pour les travailleurs indépendants. L'assiette unifiée intègre désormais un abattement forfaitaire de 26 % sur les revenus professionnels avant le calcul de la CSG-CRDS. Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est fixé à 48 060 € en 2026.

Voici le détail des principales cotisations URSSAF pour un kiné conventionné :

CotisationTaux / montant 2026Base de calcul
Maladie-maternité8,50 % (taux plein) — quasi-totalité prise en charge par la CPAMRevenus conventionnés
Allocations familiales0 % à 3,10 % selon le revenuRevenus professionnels
CSG-CRDS9,70 %Nouvelle assiette (abattement 26 %)
Indemnités journalières0,30 %Revenus, plafond 3 PASS
CFP (formation)120 € forfait annuel—

Ces taux s'appliquent à un kiné conventionné en BNC réel. Pour voir le montant exact avec votre CA réel mois par mois, obtenez vos 3 calculs mensuels offerts.

Le point important pour un kiné : la prise en charge par la CPAM ne concerne que vos revenus conventionnés. Si vous réalisez des actes hors nomenclature (ostéopathie, coaching sportif, bilans non remboursés), la cotisation maladie sur cette part reste intégralement à votre charge, au taux plein. C'est une subtilité que beaucoup de praticiens découvrent lors de la régularisation.

Les cotisations CARPIMKO : le poste qui change en 2026

La CARPIMKO est votre caisse de retraite obligatoire en tant que kiné libéral. Elle gère quatre régimes distincts, et c'est souvent le poste le plus difficile à anticiper. En 2026, la réforme du régime complémentaire change significativement la donne : la cotisation forfaitaire disparaît au profit d'un système 100 % proportionnel. Pour comprendre en détail le fonctionnement de la CARPIMKO, consultez notre guide complet des cotisations CARPIMKO 2026.

Voici le détail des cotisations CARPIMKO 2026 :

RégimeTaux / montant 2026Détail
Retraite de base8,73 % (≤ PASS) + 1,87 % (> PASS, jusqu'à 5 PASS)Proportionnel au revenu
Retraite complémentaire8,70 % (assiette 0,5 à 3 PASS)Nouveau en 2026 : 100 % proportionnel
Invalidité-décès1 022 € forfaitOuvre droit aux IJ CARPIMKO (55,44 €/jour)
ASV (conventionnés)224 € forfait + 0,40 % des revenus conventionnésCPAM prend en charge ~2/3

Ces barèmes sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026. Pour voir le calcul appliqué à votre situation réelle, obtenez vos 3 calculs mensuels offerts.

La réforme de la complémentaire est le changement majeur à retenir. Jusqu'en 2025, vous payiez un forfait d'environ 2 312 € plus une part proportionnelle de 3 %. Désormais, c'est 8,70 % sur une assiette entre 24 030 € et 144 180 €, avec un plancher de 2 091 € et un plafond de 12 544 €. Concrètement, pour un bénéfice de 50 000 €, la cotisation complémentaire passe d'environ 3 050 € (ancien système) à environ 4 350 € (nouveau système). C'est un surcoût significatif pour les revenus intermédiaires.

Au total, un kiné libéral installé cotise entre 9 000 et 13 000 € par an à la CARPIMKO selon son revenu, soit entre 750 et 1 080 € par mois. Ce poste est intégralement déductible fiscalement en BNC réel.

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Les charges professionnelles de cabinet

C'est la grande différence entre un kiné libéral et un IDEL : vos charges de structure sont nettement plus élevées. Là où un infirmier libéral roule avec sa voiture et un sac de matériel, vous avez un cabinet à financer — avec tout ce que cela implique. Pour une vision exhaustive, consultez notre détail des charges du kiné libéral en 2026.

Voici les principaux postes de charges d'un kiné en cabinet :

Charges fixes mensuelles courantes : loyer du cabinet (600 à 1 500 € selon la ville), assurance RCP et locale professionnelle (100 à 300 €/an), électricité et charges de copropriété, abonnement logiciel de facturation et comptabilité, téléphone et internet professionnel.

Charges de matériel et équipement : table de massage (amortissement), appareils d'électrothérapie, ondes de choc, matériel de rééducation fonctionnelle, consommables (draps, gel, bandes). Le renouvellement du plateau technique représente un investissement récurrent de plusieurs milliers d'euros.

Charges de SCM / cabinet de groupe : si vous exercez en Société Civile de Moyens, les appels de fonds mensuels couvrent les charges communes (secrétariat, loyer partagé, ménage, fournitures). Ils simplifient la gestion mais représentent une charge fixe supplémentaire.

Cotisation ordinale et AGA : l'inscription au Conseil de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes est obligatoire (~300 €/an). L'adhésion à une AGA (~200-250 €/an) est indispensable en BNC réel pour éviter la majoration de 25 % sur le bénéfice imposable.

Formation continue (DPC) : le Développement Professionnel Continu est obligatoire. C'est à la fois une charge déductible et un manque à gagner (jours sans patients). Le FIF-PL prend en charge une partie du coût via la CFP de 120 €.

Prenons le cas de Marc, kinésithérapeute libéral titulaire installé depuis 6 ans dans une ville de 30 000 habitants, en BNC réel. Son chiffre d'affaires annuel est de 85 000 €. Ses charges professionnelles se décomposent ainsi : loyer et charges de cabinet 900 €/mois, matériel et amortissements 250 €/mois, assurances et comptable 200 €/mois, divers (formation, ordre, AGA, consommables) 150 €/mois — soit environ 1 500 €/mois de charges professionnelles, ou 18 000 € par an. C'est un profil représentatif d'un kiné en cabinet individuel.

La provision pour impôt sur le revenu

Dernier poste à ne pas oublier : l'impôt sur le revenu. En tant que kiné libéral, votre bénéfice est soumis au barème progressif de l'IR. Le taux effectif dépend de votre situation familiale (quotient conjugal, nombre de parts), mais pour un célibataire, il se situe généralement entre 11 et 20 % du bénéfice imposable pour les revenus moyens de la profession.

Avec un bénéfice de 40 000 €, un kiné célibataire paie environ 5 000 à 6 000 € d'impôt annuel, soit environ 420 à 500 €/mois à provisionner. Beaucoup de praticiens sous-estiment ce poste parce que le prélèvement à la source lisse le paiement — mais l'ajustement annuel peut créer un trou de trésorerie si votre revenu a augmenté. C'est pourquoi il est essentiel d'intégrer cette provision dans votre calcul mensuel (Docaly le fait automatiquement).

Exemple chiffré : combien Marc peut-il se verser chaque mois ?

Reprenons le cas de Marc, kiné titulaire en BNC réel, avec un CA de 85 000 €/an (soit ~7 080 €/mois). Voici sa décomposition mensuelle :

PosteMontant mensuelMontant annuel
Chiffre d'affaires7 080 €85 000 €
Cotisations URSSAF– 1 150 €– 13 800 €
Cotisations CARPIMKO– 880 €– 10 560 €
Charges de cabinet– 1 500 €– 18 000 €
Provision impôt sur le revenu– 440 €– 5 280 €
Revenu net disponible≈ 3 110 €≈ 37 360 €

Ces chiffres correspondent à un kiné titulaire conventionné en BNC réel avec un CA de 85 000 €. Pour voir les vôtres exactement avec votre CA réel mois par mois, obtenez vos 3 calculs mensuels offerts.

Marc peut donc se verser environ 3 100 € par mois, ce qui correspond bien à la médiane UNASA des titulaires. Mais attention : ce calcul suppose que toutes les provisions sont correctement constituées. Si Marc néglige la provision CARPIMKO complémentaire (en augmentation avec la réforme 2026) ou sous-estime sa régularisation URSSAF, son « vrai » disponible est en réalité inférieur.

Et si son CA augmente en cours d'année — ce qui est fréquent quand un kiné commence à être bien référencé dans sa zone — le montant de la régularisation grimpera d'autant, sans que ses acomptes provisionnels ne suivent en temps réel. C'est là que la provision pour régularisation devient critique.

Le piège de la régularisation : la charge invisible

La régularisation est le mécanisme le plus dangereux pour votre trésorerie de kiné libéral. Voici pourquoi : vos cotisations provisionnelles URSSAF et CARPIMKO sont calculées sur la base de vos revenus de N-2 (ou N-1 selon les cas). Si votre activité progresse, vos acomptes sont mécaniquement sous-évalués — et la différence vous est réclamée d'un coup lors de la régularisation.

Prenons un exemple concret. Marc a réalisé un bénéfice de 55 000 € en 2024, mais ses cotisations provisionnelles 2026 sont encore calculées sur son bénéfice 2024 de 42 000 €. L'écart génère une régularisation URSSAF d'environ 2 500 à 3 500 €, plus une régularisation CARPIMKO complémentaire d'environ 1 100 €, le tout réclamé sur quelques mois à compter de juin 2026. C'est-à-dire au moment où ses cotisations provisionnelles sont elles aussi revues à la hausse.

Ce double effet — hausse des acomptes + régularisation de l'année passée — peut représenter plusieurs centaines d'euros de plus par mois pendant six mois. Sans provision anticipée, c'est le scénario classique du kiné qui pensait avoir un bon revenu et se retrouve en difficulté de trésorerie en plein été.

C'est d'ailleurs la raison d'être d'un outil comme Docaly : chaque mois, il compare vos cotisations provisionnelles avec vos cotisations définitives estimées sur votre CA réel, et vous indique précisément combien mettre de côté pour absorber la régularisation sans stress.

Micro-BNC ou BNC réel : quel impact sur votre net de kiné ?

Le choix du régime fiscal a un impact direct et mesurable sur le montant que vous pouvez vous verser. En micro-BNC, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % censé couvrir l'ensemble de vos charges. En BNC réel (déclaration contrôlée 2035), vous déduisez vos charges réelles.

La question est simple : vos charges réelles dépassent-elles 34 % de votre CA ? Pour un kiné en cabinet avec un loyer, du matériel amorti et des charges de SCM, la réponse est très souvent oui. Marc, avec 18 000 € de charges sur 85 000 € de CA, a un taux de charges réel de 21 % — dans son cas le micro-BNC serait plus avantageux. Mais pour Léa, kinésithérapeute installée dans un cabinet neuf à Paris avec 2 200 €/mois de loyer et un investissement en matériel de 15 000 € amorti sur 5 ans, le taux de charges réel grimpe à 38 %. Le passage au BNC réel lui fait économiser plusieurs milliers d'euros de cotisations par an.

Le seuil de CA du micro-BNC est fixé à 83 600 € en 2026. Si votre CA dépasse ce montant, vous êtes automatiquement en BNC réel. Mais il peut être stratégique de basculer avant, surtout si vos charges de cabinet sont élevées. Pour comparer concrètement les deux régimes sur votre trésorerie, vous pouvez consulter notre guide micro-BNC ou BNC réel pour kinés.

Que se passe-t-il si vous n'anticipez pas ?

Beaucoup de kinésithérapeutes libéraux pilotent leur trésorerie « au feeling » — et la majorité s'en sort, tant que l'activité est stable. Les problèmes commencent quand le CA progresse, quand les charges de cabinet évoluent, ou quand une régularisation plus élevée que prévu tombe au mauvais moment.

Première conséquence concrète : les pénalités de retard URSSAF. Un retard de paiement entraîne une majoration de 10 % du montant dû, à laquelle s'ajoutent des pénalités de 0,2 % par mois de retard. Sur une régularisation de 4 000 €, c'est 400 € de majoration immédiate — de l'argent perdu pour rien.

Deuxième conséquence : l'effet de rattrapage sur la trésorerie. Quand la régularisation URSSAF et CARPIMKO tombent simultanément (ce qui arrive chaque année entre juin et septembre), certains kinés doivent absorber l'équivalent de 2 mois de revenu net en quelques semaines. C'est le moment où des praticiens avec un CA tout à fait correct se retrouvent dans l'impossibilité de se verser quoi que ce soit pendant plusieurs mois.

Troisième conséquence : les mauvaises décisions fiscales par défaut. Sans visibilité sur votre trésorerie réelle, vous ne pouvez pas comparer objectivement le micro-BNC et le BNC réel, ni savoir si un investissement en matériel est absorbable. Vous restez dans un régime par inertie, alors qu'un changement pourrait vous faire gagner plusieurs centaines d'euros par mois.

Combien vous pouvez réellement vous verser, chaque mois

Vous savez chaque mois combien mettre de côté pour l'URSSAF, la CARPIMKO et la régularisation — et combien il vous reste vraiment.

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