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Salaire net d'un kiné libéral : combien reste-t-il vraiment ?

Entre le chiffre d'affaires affiché et ce que vous pouvez réellement vous verser, l'écart est souvent brutal. Décryptage complet des charges, cotisations et prélèvements qui séparent vos recettes de votre vrai salaire net de kiné libéral.

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Par l'équipe Docaly·2 avril 2026·Mis à jour le 24 avril 2026·16 min de lecture

Sommaire

  • Le salaire net du kiné libéral : une question simple, une réponse compliquée
  • Le vrai chiffre d'affaires d'un kiné libéral en 2026
  • Ce qui est prélevé avant votre « salaire » : la cascade des charges
  • Les charges professionnelles : le coût de votre outil de travail
  • Les cotisations URSSAF : le socle social obligatoire
  • Les cotisations CARPIMKO : le poids de la retraite
  • Simulation concrète : le cas de Thomas, kiné titulaire
  • Et après l'impôt ?
  • Le piège de la régularisation : quand le passé rattrape le présent
  • Les facteurs qui font varier votre salaire net
  • Le régime fiscal : micro-BNC ou BNC réel
  • Le volume d'activité et la spécialisation
  • La zone géographique
  • Les 25 % les mieux rémunérés : ce qui fait la différence
  • Que se passe-t-il si vous n'anticipez pas ?

Le salaire net du kiné libéral : une question simple, une réponse compliquée

Quand on s'installe comme kinésithérapeute libéral, la question revient toujours : « Combien vais-je gagner ? » Les chiffres qui circulent sur internet oscillent entre 2 500 et 5 000 € nets par mois, selon les sources. Un écart tellement large qu'il en devient inutile. La vérité, c'est que parler de « salaire » pour un kiné libéral est déjà un abus de langage — vous ne percevez pas un salaire, mais un bénéfice, c'est-à-dire ce qui reste une fois que toutes les charges, cotisations et impôts ont été prélevés sur vos recettes.

Et c'est précisément là que les choses se compliquent. Entre votre chiffre d'affaires brut et le montant que vous pouvez réellement virer sur votre compte personnel, il y a un parcours du combattant fait de prélèvements URSSAF, de cotisations CARPIMKO à quatre régimes, de charges de cabinet et d'un impôt sur le revenu qui vient ponctionner ce qui reste.

Cet article vous propose de décomposer ce parcours, étape par étape, avec des chiffres vérifiés pour 2026. L'objectif : que vous sachiez exactement combien il reste vraiment — et surtout, comment l'anticiper.

Le vrai chiffre d'affaires d'un kiné libéral en 2026

Commençons par le point de départ : les recettes. Les données les plus fiables sur le sujet proviennent de l'UNASA (Union Nationale des Associations Agréées), qui analyse chaque année les déclarations fiscales de plus de 30 000 kinésithérapeutes libéraux.

Selon l'édition 2025 de l'UNASA (exercice fiscal 2023), un kiné libéral titulaire de cabinet encaisse en moyenne 85 282 € de recettes annuelles. Son bénéfice comptable moyen — c'est-à-dire ce qui reste après déduction de toutes les charges professionnelles mais avant impôt — s'établit à 40 701 € par an, soit environ 3 392 € par mois. Attention cependant : la médiane est sensiblement plus basse, à 31 356 € par an (2 613 € par mois). Concrètement, la moitié des kinés titulaires gagnent moins de 2 613 € nets avant impôt.

Pour un kiné remplaçant, les chiffres sont différents. Les recettes moyennes sont d'environ 59 939 € par an, pour un bénéfice moyen de 29 796 € (2 483 € par mois). Le remplaçant a moins de charges fixes, mais il verse une rétrocession au titulaire du cabinet — généralement autour de 20 % de son chiffre d'affaires.

Ces chiffres sont des moyennes nationales. En pratique, votre revenu dépendra de votre zone d'exercice (un cabinet en métropole ne génère pas les mêmes recettes qu'en zone rurale), de votre volume d'activité (nombre de patients par jour, nombre de jours travaillés par semaine) et de votre mode d'exercice (cabinet, domicile, ou mixte).

Ce qui est prélevé avant votre « salaire » : la cascade des charges

Pour comprendre ce qui sépare vos 85 000 € de recettes de votre revenu net, il faut décomposer les prélèvements en trois grandes catégories : les charges professionnelles d'exploitation, les cotisations sociales obligatoires (URSSAF + CARPIMKO) et l'impôt sur le revenu.

Les charges professionnelles : le coût de votre outil de travail

Le kiné libéral titulaire a des charges d'exploitation significatives. Pour le détail des charges du kiné libéral poste par poste avec des montants concrets, consultez notre guide complet 2026. Contrairement à un IDEL qui exerce souvent à domicile avec peu de frais fixes, le kiné a un cabinet, du matériel de rééducation, parfois du matériel d'électrothérapie, et des frais de structure non négligeables.

Les postes principaux : loyer du cabinet (500 à 1 500 €/mois selon la ville), assurances professionnelles (RCP, local), matériel de rééducation et consommables, comptable et AGA, logiciel de gestion, CFE, formation continue obligatoire (DPC), et frais de véhicule pour les kinés à domicile.

Pour un kiné titulaire avec un CA de 85 000 €, ces charges représentent typiquement entre 12 000 et 20 000 € par an, soit 15 à 23 % du chiffre d'affaires — un premier étage de prélèvement, avant même les cotisations sociales.

Les cotisations URSSAF : le socle social obligatoire

En tant que kinésithérapeute conventionné, vous relevez du régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC). Ce statut vous confère un avantage important : la CPAM prend en charge une partie de vos cotisations maladie et allocations familiales sur vos revenus tirés de l'activité conventionnée.

Voici les principales cotisations URSSAF du kiné libéral pour 2026 :

Assurance maladie-maternité : le taux est de 6,50 % de votre revenu. Mais la CPAM prend en charge 6,40 % sur la part conventionnée de vos revenus — il ne reste donc que 0,10 % à votre charge sur cette part. En pratique, pour un kiné intégralement conventionné, le coût réel de la cotisation maladie est donc minimal.

CSG-CRDS : c'est le poste le plus lourd des cotisations URSSAF. Le taux est de 9,70 % (dont 6,80 % de CSG déductible, 2,40 % de CSG non déductible et 0,50 % de CRDS). En 2026, avec la réforme de l'assiette sociale, la base de calcul évolue : toutes les cotisations et contributions sont désormais calculées sur une assiette unifiée, correspondant à votre revenu professionnel diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %. Concrètement, cela réduit légèrement le montant de votre CSG-CRDS par rapport aux années précédentes.

Allocations familiales : le barème est progressif. Si votre revenu est inférieur à 110 % du PASS (52 866 € en 2026), vous êtes exonéré. Entre 110 % et 140 % du PASS (52 866 € à 67 284 €), le taux progresse de 0 % à 3,10 %. Au-delà, il est de 3,10 %. La CPAM prend également en charge une partie de cette cotisation sur les revenus conventionnés.

Indemnités journalières : environ 0,30 % du revenu, dans la limite de 3 PASS. Cette cotisation finance vos droits aux indemnités journalières en cas d'arrêt de travail.

Contribution à la formation professionnelle (CFP) : un forfait annuel d'environ 120 € (0,25 % du PASS), payable en novembre. Il ouvre droit à des prises en charge de formation via le FIF-PL.

Les cotisations CARPIMKO : le poids de la retraite

C'est souvent le poste le plus complexe — et le plus sous-estimé — des cotisations d'un kiné libéral. La CARPIMKO est votre caisse de retraite et de prévoyance obligatoire. Vos cotisations se répartissent en quatre régimes distincts pour 2026 :

Régime de base : 8,73 % de votre revenu jusqu'à 1 PASS (48 060 €), plus 1,87 % sur la tranche comprise entre 0 et 5 PASS (240 300 €). Pour un revenu de 50 000 €, cela représente environ 5 130 €.

Régime complémentaire : depuis la réforme entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026, ce régime est désormais intégralement proportionnel. Le taux est de 8,70 %, sur une assiette comprise entre 0,5 PASS (24 030 €) et 3 PASS (144 180 €). L'ancien système mixte (forfait + proportionnel) est supprimé. Pour un revenu de 50 000 €, la cotisation complémentaire s'élève à environ 2 260 € ((50 000 − 24 030) × 8,70 %).

Invalidité-décès : un forfait de 1 022 € par an. Cette cotisation est due même en cas d'arrêt de travail prolongé (depuis 2025, elle n'est plus exonérable).

ASV (Avantage Social Vieillesse) : réservé aux auxiliaires médicaux conventionnés. Il comprend une part forfaitaire de 224 € à votre charge (les 2/3 sont pris en charge par la CPAM, soit 448 € supplémentaires financés par l'Assurance Maladie) et une part proportionnelle de 0,40 % de vos revenus conventionnés.

Au total, pour un kiné libéral avec un revenu professionnel de 50 000 €, les cotisations CARPIMKO avoisinent 8 700 € par an. C'est un montant considérable qui représente à lui seul plus de 17 % du bénéfice net. Calculer ces quatre régimes manuellement chaque mois est fastidieux — Docaly le fait automatiquement à partir de votre CA réel.

Simulation concrète : le cas de Thomas, kiné titulaire

Prenons le cas de Thomas, 34 ans, kinésithérapeute libéral titulaire installé depuis 5 ans dans une ville de taille moyenne. Il exerce en cabinet, en BNC réel (déclaration contrôlée 2035), et son activité est intégralement conventionnée. Voici ses chiffres pour 2026 :

Chiffre d'affaires annuel : 80 000 €

Thomas voit en moyenne 18 patients par jour, 5 jours par semaine, 46 semaines par an. À un tarif moyen de 17,50 € par séance (actes NGAP variés, incluant quelques bilans diagnostics), il génère environ 80 000 € de recettes.

Charges professionnelles : 14 400 € (18 % du CA)

Loyer du cabinet : 700 €/mois (8 400 €/an), assurance RCP et local : 1 200 €/an, comptable + AGA : 1 800 €/an, matériel et consommables : 1 500 €/an, logiciel de gestion : 600 €/an, CFE : 500 €/an, divers (téléphone, internet, petits équipements) : 400 €/an.

Bénéfice avant cotisations sociales : 65 600 €

C'est sur ce bénéfice que sont calculées les cotisations URSSAF et CARPIMKO.

Cotisations URSSAF estimées : ~8 200 €

La CSG-CRDS représente le gros du montant (environ 6 400 € avec l'assiette réformée). La cotisation maladie à la charge de Thomas est quasi nulle grâce à la prise en charge CPAM sur les revenus conventionnés. Les allocations familiales, partiellement prises en charge, ajoutent environ 1 300 €. Le solde se compose des IJ (~200 €) et de la CFP (~120 €).

Cotisations CARPIMKO estimées : ~10 400 €

Régime de base : environ 5 400 € (8,73 % sur la tranche ≤ 48 060 € + 1,87 % au-delà). Régime complémentaire : environ 3 617 € (8,70 % sur la tranche 24 030 – 65 600 €). Invalidité-décès : 1 022 €. ASV part praticien : environ 329 € (224 € forfait + 65 600 × 0,40 % × 40 % part praticien).

C'est d'ailleurs la raison d'être d'un outil comme Docaly : chaque mois, il calcule automatiquement vos cotisations URSSAF et CARPIMKO sur la base de votre CA réel, et vous indique le montant exact à mettre de côté pour ne jamais être pris au dépourvu. Mais avant d'en parler plus en détail, terminons le décompte de Thomas.

Revenu net avant impôt : ~47 000 €, soit environ 3 917 € par mois

Voici le récapitulatif :

PosteMontant annuel
Chiffre d'affaires80 000 €
− Charges professionnelles− 14 400 €
= Bénéfice avant cotisations65 600 €
− Cotisations URSSAF− 8 200 €
− Cotisations CARPIMKO− 10 400 €
= Revenu net avant impôt~47 000 €
= Soit par mois~3 917 €

Ces chiffres correspondent à un kiné titulaire en BNC réel avec 80 000 € de CA et 14 400 € de charges. Pour voir les vôtres exactement avec votre CA réel mois par mois, essayez Docaly gratuitement 7 jours.

Thomas garde 51 % de son CA — et vous ?

Sur 80 000 € de recettes, il reste 3 417 € net par mois après URSSAF, CARPIMKO et impôt. Mais votre CA, vos charges et votre régime fiscal sont différents. Avec Docaly, vous voyez chaque mois votre vrai revenu net — pas une moyenne nationale, votre chiffre à vous.

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Mais ce n'est pas encore terminé. Car il reste l'impôt sur le revenu.

Et après l'impôt ?

Thomas est célibataire, sans enfant (1 part fiscale). Son revenu imposable — après déduction de la CSG déductible (~4 400 €) — est d'environ 42 600 €. Avec le barème progressif 2026 de l'impôt sur le revenu, il paiera environ 5 500 à 6 100 € d'impôt (selon les crédits et réductions éventuels).

Son revenu net après impôt tombe donc à environ 41 000 € par an, soit environ 3 417 € par mois. Pour 80 000 € de chiffre d'affaires, Thomas conserve donc environ 51 % de ses recettes. L'autre moitié a financé ses charges de cabinet, ses cotisations sociales et ses impôts.

Et encore : cette simulation ne tient pas compte de la prévoyance complémentaire (Madelin) que Thomas devrait souscrire pour compenser les faibles garanties de la CARPIMKO, ni du remboursement d'un éventuel emprunt pour l'acquisition du cabinet, ni de l'épargne retraite complémentaire qu'il serait prudent de constituer.

Le piège de la régularisation : quand le passé rattrape le présent

Le mécanisme de régularisation URSSAF est le premier facteur de déstabilisation de la trésorerie d'un kiné libéral. Le principe est simple mais ses conséquences sont brutales : vos cotisations provisionnelles sont calculées sur vos revenus de l'année N-2 (et bientôt N-1 avec la réforme). Si votre chiffre d'affaires progresse d'une année sur l'autre — ce qui est le cas pour la majorité des kinés en phase de développement — vos acomptes provisionnels sont trop bas. La différence est réclamée lors de la régularisation.

Prenons à nouveau le cas de Thomas. S'il a déclaré un bénéfice de 45 000 € en 2024 et que son bénéfice 2025 atteint 60 000 €, la régularisation URSSAF peut représenter 3 000 à 5 000 € supplémentaires, réclamés en une ou deux échéances. Ajoutez la régularisation CARPIMKO, et le total peut facilement dépasser 6 000 €. Si cette somme n'a pas été provisionnée, elle vient percuter directement votre trésorerie — souvent en milieu d'année, au moment où beaucoup de kinés réduisent leur activité pour les congés d'été.

C'est exactement ce type de surprise qui transforme un revenu théoriquement confortable en source d'angoisse. Et c'est la raison pour laquelle anticiper ses cotisations réelles — pas les provisionnelles — est indispensable pour piloter sa trésorerie sereinement. Un outil comme Docaly permet de visualiser chaque mois l'écart entre vos acomptes et vos cotisations définitives estimées, pour provisionner le bon montant avant que la régularisation n'arrive.

Les facteurs qui font varier votre salaire net

Le régime fiscal : micro-BNC ou BNC réel

Le choix du régime fiscal a un impact direct sur votre revenu net. En micro-BNC, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes, censé couvrir toutes vos charges. Le seuil de chiffre d'affaires pour en bénéficier est de 83 600 € en 2026. C'est un régime simple mais souvent désavantageux pour un kiné titulaire dont les charges réelles dépassent 34 % du CA.

En BNC réel (déclaration contrôlée 2035), vous déduisez vos charges réelles. Pour un kiné avec un loyer de cabinet, du matériel et des frais de structure importants, le BNC réel réduit souvent l'assiette de cotisations et l'impôt de façon significative. Dans notre simulation, Thomas en BNC réel déduit 14 400 € de charges réelles (18 % de son CA). En micro-BNC, l'abattement forfaitaire lui donnerait 80 000 × 34 % = 27 200 € de charges fictives — plus avantageux en apparence, mais uniquement si ses charges réelles sont inférieures à ce montant. En réalité, il faut aussi tenir compte de l'impact sur l'assiette des cotisations sociales, qui diffère entre les deux régimes.

La règle empirique souvent citée : si vos charges professionnelles réelles dépassent 34 % de votre CA, le BNC réel est probablement plus avantageux. Mais le calcul complet intègre l'effet sur chaque ligne de cotisation — URSSAF, CARPIMKO, impôt — et seule une simulation détaillée permet de trancher.

Le volume d'activité et la spécialisation

Le nombre de patients vus par jour est évidemment le premier levier de votre chiffre d'affaires. La convention nationale limite à 2 patients par heure, ce qui plafonne théoriquement votre capacité à environ 16 patients par jour sur 8 heures. En pratique, l'amplitude horaire, les créneaux vides, les annulations et le temps administratif réduisent ce potentiel.

La spécialisation joue également un rôle. Un kiné du sport, un kiné spécialisé en rééducation périnéale ou en neurologie peut attirer une patientèle plus ciblée et parfois pratiquer des dépassements d'honoraires (en secteur 2 ou hors convention pour certains actes). Ces revenus complémentaires augmentent le CA mais sont aussi davantage taxés côté URSSAF (pas de prise en charge CPAM sur les dépassements).

La zone géographique

L'implantation influence le CA (densité de patientèle, concurrence) mais aussi les charges (loyer, coût de la vie). Un kiné à Paris paiera un loyer de cabinet très supérieur à celui d'une ville moyenne, sans tarifs conventionnés plus élevés. À l'inverse, l'installation en zone sous-dotée ouvre droit à des aides (contrat incitatif kiné, jusqu'à 30 000 € sur 5 ans) qui améliorent significativement la trésorerie des premières années.

Les 25 % les mieux rémunérés : ce qui fait la différence

D'après les données UNASA, le quart supérieur des kinés libéraux génère des recettes moyennes de 124 959 € pour un bénéfice net de 66 553 € par an, soit 5 546 € par mois avant impôt.

Plusieurs facteurs se combinent : un volume d'activité soutenu (5 jours pleins, amplitude horaire large), une patientèle fidélisée limitant les créneaux vides, une localisation favorable, parfois une spécialisation valorisante et surtout une gestion rigoureuse des charges. À CA égal, le kiné qui optimise son régime fiscal (BNC réel bien géré, adhésion AGA, déductions maximisées) conserve une part nettement plus importante de ses recettes.

Attention cependant : au-delà d'un certain seuil de revenus, les cotisations proportionnelles (CARPIMKO complémentaire, CSG-CRDS, allocations familiales à taux plein) augmentent mécaniquement, réduisant le gain marginal de chaque euro supplémentaire de CA.

Que se passe-t-il si vous n'anticipez pas ?

La majorité des kinés libéraux connaissent leur chiffre d'affaires, mais peu savent précisément combien ils doivent réellement en cotisations à un instant donné. Le provisionnement est souvent approximatif, basé sur les acomptes de l'échéancier plutôt que sur le revenu réel cumulé. Les conséquences se manifestent au moment de la régularisation.

Un sous-provisionnement chronique qui passe inaperçu. Quand votre activité progresse de 15 000 à 25 000 € par rapport à l'année de référence, vos acomptes provisionnels ne couvrent plus vos cotisations réelles. L'écart se creuse chaque mois sans signal d'alerte. Au moment de la régularisation, le rattrapage combiné URSSAF et CARPIMKO peut représenter 3 000 à 8 000 € selon l'ampleur de la progression. Si le paiement est tardif, l'URSSAF applique une majoration de 10 % du montant dû, plus 0,2 % par mois de retard.

Un choc de trésorerie concentré sur quelques mois. La régularisation tombe généralement en été, au moment où l'activité ralentit pour les congés. Vous payez simultanément le rattrapage sur l'année passée et des acomptes revalorisés pour l'année en cours. Pour un kiné dont le revenu net mensuel tourne autour de 3 000 à 3 500 €, absorber 5 000 à 8 000 € de prélèvements supplémentaires en deux ou trois mois est un exercice difficile.

Le recours au crédit professionnel d'urgence. Quand la trésorerie ne suit pas, la solution la plus courante est le prêt de trésorerie court terme. Ces crédits sont plus coûteux qu'un emprunt classique, et leur obtention suppose un bilan comptable rassurant — ce qui n'est pas toujours le cas pour un kiné en phase de croissance ou de reprise d'activité. C'est un coût supplémentaire qui aurait pu être évité par un provisionnement mensuel adapté.

Un suivi mensuel de votre revenu réel et de vos cotisations définitives estimées suffit à éviter ces situations. C'est exactement ce que permet un outil de pilotage adapté à votre profession.

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